L’économie circulaire cœur de la ville durable

La ville durable développe l’efficience de la consommation d’énergie et des ressources naturelles pour diminuer son empreinte écologique. Si l’on considère qu’en 2050, 75 % de la population mondiale sera urbaine, l’on en déduit que la ville est le lieu idéal pour développer l’économie circulaire en optimisant les flux de récupération des déchets et du recyclage. Dans cette optique, réutiliser les matériaux de démolition, fait que le concept d’économie circulaire s’ancre aussi dans la réalité du BTP.


Aujourd’hui, sur 4 milliards de tonnes de déchets générés chaque année, seuls 25 % sont valorisés alors que 80 % sont exploitables. Or, la population urbaine consomme déjà 75 % des ressources naturelles, génère 50 % des déchets et 80 % des émissions de CO2 mondiales. S’ajoutent à cela 247 millions de tonnes de matériaux issus du BTP qui peuvent être triés, valorisés et réemployés.
En outre, l’économie circulaire présente pour les zones urbaines un fort potentiel de performance économique si l’on considère qu’elle peut créer 200 000 emplois non délocalisables dans les dix années à venir. Par conséquent, la « ville », telle que nous la connaissons, avec la quantité de détritus que ses habitants génèrent, représente un gisement quasi-infini de matières premières réutilisables, concentrées sur un espace restreint.

Le modèle linéaire - produire, consommer, jeter - a montré ses frontières. Avec l’explosion de la démographie urbaine qui atteindra mondialement 9 milliards d’individus en 2050, une ville est donc le lieu parfait pour déployer l’économie circulaire, afin de fournir à l’ensemble des habitants les ressources dont ils ont besoin tout en réduisant la surconsommation des ressources naturelles. Un phénomène qui implique de revoir le fonctionnement urbain sous toutes ses facettes : construction, mobilité, énergie, gestion de l’eau, traitement des déchets, etc. C’est là où la production de granulats à partir de déchets provenant de démolition de construction prend tout son sens. Ce recyclage offre aux démolisseurs une alternative de proximité à l'enfouissement dans des décharges lointaines et permet de réutiliser des matières utiles, notamment en réduisant drastiquement ce flot sans fin que représentent les activités de démolition et déconstruction urbaines. Déchets de béton frais, déchets de béton durci, rebuts de fabrication et retours de chantiers. peuvent également être réintégrés par les usines de préfabrication ou unité de production de béton prêt à l’emploi pour la fabrication de nouveaux produits, la boucle du recyclage du béton dans le béton.

La production de ciment apporte aussi sa pierre à l’édifice. L’utilisation de combustibles alternatifs issus du tri et de la préparation de déchets des collectivités ou de résidus industriels permet d’économiser des ressources fossiles et de participer à l’indépendance énergétique. Une approche pleinement circulaire du BTP qui se traduira à terme par la vision de la l’édification urbaine comme une banque de matériaux répertoriés issus de la déconstruction pour envisager les constructions futures dans le monde, de grandes agglomérations choisissent ce modèle plus vertueux de l’économie circulaire, qui implique collectivités, entreprises et habitants. En maximisant l’usage et l’utilisation des ressources, en restaurant et réutilisant les matières utilisables provenant de démolitions, réemployées, plutôt que jetées ; en construisant en éco-conception, et enfin en mettant en réseau les acteurs industriels et territoriaux d’un même lieu, nous optimiserons les échanges de flux et de matières, rendant la ville plus propre, plus agréable à vivre et surtout plus durable.